Situé au sein d’un territoire deltaïque, proche du niveau de la mer, le village de Saint-Nazaire-de-Pézan a tout au long de son histoire développé une activité liée à l’élevage. Son relief naturel a permis d’établir de nombreuses terres agricoles. Saint-Nazaire-de-Pézan est attestée par l’archéologie et les archives dès le IXe siècle sous le nom de Villa Sancti Nazarii (819). Toutefois, ses origines seraient plus lointaines encore.
Son emplacement se trouve à l’endroit même où a été découverte une ancienne villae romaine où on effectuait des cultures de sel. Les origines de l’écriture anthroponymique de Saint-Nazaire-de-Pézan ont longtemps fait débat, mais en 1440 un registre de la sénéchaussée de Beaucaire et de Nîmes mentionne pour la première fois le nom complet du village sous l’écriture St Nazarius de Pezano. C’est une fusion de la villa Sancti Nazarii et de Picianum, qui signifie « le domaine de Picius » et qui, au fur et à mesure du temps et de l’évolution de la langue, est devenu « Pezan ». On pourrait résumer le nom du village comme suit : « la villa Saint Nazaire sur le domaine de Picius »
En 1252, le territoire fait partie de la baronnie du Château des Ports qui comprend d’autres localités telles que Marsillargues, Saint Just ou Lansargues. Mais, le village doit faire face à la désertion à maintes reprises. En 1560, la communauté ne comprend que 3 feux soit environ 15 personnes. Cette situation s’explique par les conflits religieux associés à une mortalité importante à cette période notamment due aux épidémies. Malgré tout, la population subsiste autour de l’église du village d’origine paléochrétienne, mais elle reste faible jusqu’aux alentours de 1830. En 1743, Saint Nazaire de Pézan compte seulement 20 habitants puis atteint la centaine d’habitants au début des années 1800.
Saint-Nazaire-de-Pézan est donc avant la Révolution un territoire où les activités pastorales sont majeures. Aux alentours des années 1850 s’y développe essentiellement un commerce viticole, qui après avoir connu la crise se modernise vers 1880. Les registres des délibérations du conseil municipal permettent d’observer les mesures prises pour le bon fonctionnement de la vie de la commune
Un fait marquant nous est rapporté via les archives des conseils municipaux : la reconstruction de l’église en 1876, fruit d’une levée de fonds inédite auprès des notables du village et de la mise en commun des forces vives pour aider à cette réédification. L’ambition est triple : reconstruire un édifice digne de ce nom en l’honneur des saint patrons du village à la place d’une vieille église menaçant de s’effondrer, édifier un clocher visible depuis les terres aux alentours et avoir une horloge permettant à tous de connaitre l’heure exacte !
Au XXe siècle, le village va connaitre, comme la France entière, les premières révolutions (eau courante, électrification) permettant d’améliorer le confort de vie des habitants et d’accélérer son développement. Au début des années 2000, la population avait triplée par rapport au début du siècle précédent.
Aujourd’hui, le village compte 620 âmes et est toujours marqué par une activité agricole prépondérante (pommiers, vignes, melons etc.). Il a une identité affirmée autour des traditions camarguaises et de sa douceur de vivre.